PROGRESS : Ten reasons to look forward to the future by Johan Norberg

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Hebdo-51.2016-Johan Norberg: «Nous oublions que nous résolvons les problèmes»

«Progress. Ten Reasons to Look Forward to the Future». De Johan Norberg. Ed. Oneworld, 2016, 304 pages.

Mis en ligne le 22.12.2016 à 05:59

JOHAN NORBERG «Historiquement, les deux principaux ennemis du progrès sont la superstition et la bureaucratie.»

A lire également dans “Idées & débats”

Emmanuel Garessus

Johan Norberg, auteur de «Progress. Ten Reasons to Look Forward to the Future», explique pourquoi l’homme peine à admettre les énormes avancées qui ont amélioré son quotidien, non seulement au cours de ces dernières décennies, mais depuis deux siècles. Il nous avertit que les raisons du progrès peuvent aussi s’inverser.

Donner un message optimiste au monde, Johan Norberg le fait dans Progress. Ten Reasons to Look Forward to the Future*. Un best-seller considéré comme un des livres de l’année par le magazine  The Economist et par Steven Pinker, psychologue cognitiviste qui enseigne à l’Université Harvard.

Diplômé en histoire des idées, chercheur auprès du think tank libertarien Cato Institute, aux Etats-Unis, Johan Norberg s’est rendu célèbre avec son Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste. Dans Progress, ce Suédois de 43 ans explique les énormes progrès des derniers siècles en termes de revenu, de santé et d’alimentation, sous l’effet non pas de l’Etat mais des idées libérales, des technologies et de la globalisation.

Les revenus ont été multipliés par 15 en deux cents ans. Les qualités sanitaires sont devenues incomparables, la pauvreté a chuté et l’espérance de vie a triplé. Le progrès est impressionnant à chacun des chapitres de votre ouvrage. Alors, pourquoi autant de scepticisme aujourd’hui à l’égard du progrès?

L’homme a survécu parce qu’il a toujours porté son attention sur les problèmes auxquels il était susceptible d’être confronté. Nous oublions que nous résolvons les problèmes et préférons nous concentrer sur les défis suivants. Nous oublions les maladies que nous avons vaincues ou les famines, encore fréquentes en Europe au XIXe siècle. Nous sommes et resterons toujours aveugles devant le progrès.

En est-il de même de l’environnement ?

Presque toutes les sources de pollution ont fortement diminué depuis les années 1970 dans les pays industrialisés. Mais nous ne parlons que du réchauffement climatique parce qu’il nous préoccupe aujourd’hui.

Est-ce que nous souffrons d’un manque de mémoire ?

Oui. La raison de notre nostalgie des vieux jours tient à notre mauvaise mémoire. Quand je demande aux personnes âgées quelle a été leur période la plus heureuse, elles me répondent souvent les années 1960. Pourtant John Kennedy, Robert Kennedy et Martin Luther King ont tous trois été assassinés à cette époque. Les villes américaines étaient confrontées à des violences épouvantables et la menace nucléaire était plus forte que jamais.

Etait-ce cela «les bons vieux jours»? Nous savons que nous y avons survécu. Ils nous paraissent donc appartenir à une période harmonieuse. Nous ne savons pas si le réchauffement climatique trouvera une solution favorable ou si la menace russe diminuera. Cela nous préoccupe, logiquement.

Quelles sont les véritables causes du progrès? Est-ce la science?

Si je ne devais en citer qu’une, je pencherais pour l’ingénuité humaine. L’être humain produit un savoir disponible à tous, qui donne lieu à de multiples expériences.

La raison de la propagation du progrès tient aux institutions libérales, à la liberté d’explorer, d’expérimenter et d’échanger les résultats. Cela tient autant aux institutions locales qu’à la mondialisation. Il est difficile d’inventer l’internet ou des vaccins contre la polio. Mais quand quelqu’un y parvient, l’information est disponible dans l’ensemble du monde. La mondialisation permet d’utiliser plus aisément les idées, les savoirs et les technologies développées ailleurs. Il en résulte une accélération du progrès.

L’économiste Deirdre McCloskey écrit, dans «Bourgeois Dignity», que ce sont les idées bourgeoises qui ont causé la révolution industrielle et la multiplication par 30 du revenu des personnes en deux cents ans. Qu’en dites-vous?

Deirdre McCloskey démontre parfaitement que ce sont les idées qui comptent. Elles ont permis le formidable développement des deux cents dernières années en Europe. Ce n’est pas seulement la politique ou la technologie, mais les idées qui encouragent les gens à entreprendre. C’est la culture qui décide des incitations à faire ou ne pas faire quelque chose. Au XIXe siècle, les valeurs bourgeoises ont rendu positifs les échanges, l’entrepreneuriat et l’activité commerciale.

Est-ce que les causes du progrès sont aujourd’hui en danger ?

Oui, je le pense. J’ai écrit mon ouvrage pour cette raison. Les populistes de gauche et de droite, inquiets par la mondialisation, s’attaquent aux sources du progrès. Ils s’opposent à la mondialisation, à l’ouverture, à l’expérimentation des nouvelles technologies et à l’émergence d’autres idées.

Quand on essaie une nouvelle idée, on ne sait pas si le résultat sera convaincant. Certaines y parviennent et transforment le monde. D’autres sont abandonnées. Avec le populisme, ce processus de recherche est empêché d’agir. Nous faisons face à un esprit dirigiste. Les populistes sont à la recherche d’un homme fort capable de mener la politique dans la «bonne» direction.

Les menaces dues au progrès sont-elles réelles?

Il n’y a pas de raisons concrètes pour lesquelles nous devrions craindre la mondialisation ou le déclin de la civilisation occidentale. Malgré la stagnation économique, les revenus réels sont en hausse. La technologie et les échanges augmentent notre pouvoir d’achat. Depuis que je suis né, l’espérance de vie s’est accrue de dix ans et nous avons résolu quantité de problèmes environnementaux. Nous devrions être heureux devant le portrait que nous offre le monde actuel. Mais les idées et la mentalité s’opposent de plus en plus au progrès et aux idées libérales.

Les gens craignent les étrangers, le libre-échange et les technologies. Nous sommes trop axés sur nos problèmes. Nos visites des réseaux sociaux et nos lectures des médias traditionnels n’évoquent que les conflits sociaux, les catastrophes naturelles et les crimes. Nous surestimons les malheurs de ce monde. Ce sentiment de peur engendre un besoin de fuite qui conduit à un réflexe d’isolement et de protection.

Est-ce que vous ne pensez pas que les gens comprennent la différence entre les informations de médias qui cherchent à vendre des mauvaises nouvelles et une réalité plus différenciée?

J’espère que c’est le cas. Mais regardez les sondages sur le sentiment des individus à l’égard du monde: 5% des Britanniques pensent que le monde s’est amélioré et seulement 6% des Américains. Notre raison constate le progrès sous tous les critères possibles: revenu, santé, alimentation, démocratie. Mais nous nous laissons guider par nos émotions lorsque nous interprétons les événements et favorisons des réponses protectionnistes.

Quels sont les plus grands ennemis du progrès?

Historiquement, les deux principaux ennemis du progrès sont la superstition et la bureaucratie. La superstition peut prendre la forme du fondamentalisme religieux pour nous empêcher d’explorer nos connaissances. La bureaucratie, de son côté, est tentée de gouverner la société selon ses propres standards et ce qu’elle croit être la meilleure pratique.

La société doit au contraire rester un projet ouvert au sein duquel des millions d’habitants échangent des informations pour en retirer le meilleur résultat possible. J’ajouterai une troisième menace, le populisme antimondialisation. C’est la réponse moderne aux échanges et aux étrangers.

Existe-t-il un lien de causalité entre la croissance économique et le progrès?

Nous constatons une stagnation économique. Mais nous avons profité d’une forte hausse des salaires après la Seconde Guerre mondiale en raison du besoin de rattrapage et de la croissance de la productivité. Aujourd’hui, nous devons fonder l’augmentation des revenus davantage sur la croissance de la productivité.

Cette dernière n’évolue guère, mais il est possible que la hausse se réalise sans que nous la constations dans les statistiques. Je pense au progrès issu de la hausse du pouvoir d’achat grâce aux technologies à disposition. Pensez au smartphone! Il est difficile de mesurer les gains offerts par certaines technologies pourtant disponibles pour presque chacun de nous.

Si vous aviez acheté l’Encyclopedia Britannica il y a trente ans, la transaction aurait accru le PIB. Mais aujourd’hui non seulement cette encyclopédie mais presque tout le savoir humain est accessible en temps réel sur l’internet. Comme il est gratuit, il n’augmente pas le PIB. Certains économistes en déduisent qu’il faudrait évaluer sa valeur de remplacement. Que vaudrait l’internet s’il n’existait pas? La réponse est difficile. Mais il ne fait guère de doute que sa valeur est insuffisamment prise en compte par les statistiques officielles.

Est-ce que vous pensez que la stagnation de la productivité est une erreur de calcul?

C’est trop tôt pour le dire. Mais, par exemple, le pouvoir d’un ordinateur est immensément plus grand qu’il y a quelques années. La diversité des choix est aussi une richesse qui n’est pas davantage prise en compte. La valeur d’un million de paires de souliers identiques par leur couleur et leur matériau est différente d’un million de paires de souliers toutes différentes.

Un nombre croissant de pays ont l’avantage de vivre en démocratie. Mais est-ce que le progrès nécessite un régime politique démocratique ou le droit de propriété?

Vous avez besoin des deux. Vous posez la question de la relation entre la liberté politique et la liberté économique. D’une certaine manière, elles sont semblables. La liberté politique, en tant que liberté de penser et d’exprimer de nouvelles idées, a besoin de la liberté économique pour explorer de nouvelles idées et les mettre en œuvre en toute sécurité grâce à l’Etat de droit.

Certains pays tentent d’étranges mélanges des deux libertés. L’Inde a essayé la démocratie sans liberté économique et la Chine une ouverture économique sous la dictature. Dans aucun de ces deux pays vous pouviez entrer et lire The Economist dans un Starbucks: le magazine était interdit en Chine et l’Inde rendait impossible l’implantation des Starbucks. Aujourd’hui, la chaîne de cafés a pris pied en Inde. Si vous ouvrez le système politique, vous verrez aussi une demande de réforme économique.

Les nouvelles technologies sont souvent perçues comme une menace pour l’emploi. Comment pouvez-vous éviter ce sentiment de crainte?

Les nouvelles technologies ont toujours été une source de «disruption». C’est pourquoi la révolution industrielle était controversée.

La technologie doit détruire des emplois. C’est une de ses caractéristiques. Si vous employez une méthode plus efficace qu’avant pour remplir la même fonction, vous devez abandonner l’ancienne façon de faire. La question est d’assurer la transition des anciens aux nouveaux emplois. Sur ce point, les politiques ont été souvent défaillantes. Aux Etats-Unis, on parle d’un ou deux millions d’emplois industriels perdus au profit de la Chine. Cela paraît énorme.

Mais on oublie que l’économie américaine détruit 5 millions d’emplois chaque mois et qu’en parallèle elle crée aussi 5 millions d’emplois chaque mois. Le changement est permanent. Le problème est que certains nouveaux emplois ne sont pas adaptés au savoir des employés.

Comment réagir?
Nous avons besoin d’une politique cherchant à nous adapter en permanence aux nouvelles connaissances. Il faudrait par exemple davantage faire appel aux formations en ligne.

Regardez les montants dépensés après qu’une personne a perdu son emploi: un centième est consacré à la formation et aux nouvelles connaissances et 99% à la préretraite et aux diverses allocations. Les autorités se débarrassent du problème. C’est un énorme gaspillage qui finit par créer beaucoup de ressentiment et se traduit par un phénomène d’exclusion.

N’êtes-vous pas inquiet par l’étendue de l’endettement, aux Etats-Unis comme en Europe?

L’endettement est probablement le seul domaine pour lequel je ne suis pas très optimiste. Je pense que nous avons nous-mêmes créé ce problème. Les autorités voulaient le gérer avec une politique de taux bas. L’histoire a montré que ce n’est possible que si les capitaux augmentent, mais ce n’est pas durable. Il y aura sans doute des turbulences, à l’avenir, à cause de la dette.

Quelle est votre opinion sur l’avenir de l’Union européenne à l’heure du Brexit et de la montée des populismes?

La situation de l’UE est grave parce que ses leaders ont commis de graves erreurs en refusant d’admettre la réalité des votants, à l’image des votes successifs de l’Irlande jusqu’à ce que le pays vote comme on le désirait. Il en résulte un fort ressentiment à l’égard de Bruxelles et de l’euro.

Au lieu de protéger la partie de l’UE qui fonctionne, comme le marché intérieur et l’ouverture entre les pays, les autorités ont lancé de nouveaux projets comme l’euro, qui n’était qu’un énorme pari qui a finalement failli. C’est pourquoi l’attitude à l’égard des élites politiques est partiellement justifiée. Les élites ont été arrogantes. Elles ont traité les électeurs comme des enfants.
*«Progress. Ten Reasons to Look Forward to the Future». De Johan Norberg. Ed. Oneworld, 2016, 304 pages.
Hebdo » Idées & débats

Si l’Economist dit de ce livre : ” A tornado of evidence … a blast of good sense”, je dirai pour ma part que ce livre est à sens unique ne relevant que les bons côtés de la technologie qui ne peut qu’avoir des effets bénéfiques. On se dirait dans un livre de Pollyana de Johanna Spiri oû tout aspect négatif est gommé car cela aurait pu être plus grave (je me suis cassé une jambe, c’est pas si dramatique car j’aurai pu ne casser les deux !!). De plus il est curieux de voir des graphiques / indicateurs qui font sérieux et même scientifique pour tout les chapitres sauf un (à trouver tout seul). Les antipodes de la sinistrose aïgue mais tout aussi dangereux !!

About Raymond Morel (1945 Articles)
Raymond Morel is a member of the Board of Directors at SI and is President of Social-IN3, a cooperative of a researchers’ convinced of the need to address new challenges of today's Information Age, which is slowly and surely modify the entire society.

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