LT-31012019 – Trois raisons pour lesquelles Apple restera solide

Trois raisons pour lesquelles Apple restera solide

Le fabricant de l’iPhone a certes affiché une baisse historique de son chiffre d’affaires et de son bénéfice. Mais le groupe californien possède plusieurs atouts pour tenir tête à des concurrents qui peinent à innover

«Cette fois, c’est la fin, le déclin d’Apple est amorcé.» «Non, jamais la multinationale n’a été aussi forte sur ses marchés.» Trimestre après trimestre, les investisseurs hésitent entre ces deux postures extrêmes à la lumière des chiffres du fabricant de l’iPhone. Il y a 27 jours, la multinationale publiait un avertissement sur résultats inédits, faisant plonger son action de 10% en une journée. Dans la nuit de mardi à mercredi, Apple publiait ses résultats pour son premier trimestre fiscal 2018-2019, bouclé le 31 décembre, faisant bondir le titre de 7% dans les échanges après-bourse. Car la société, en difficulté, possède encore plusieurs atouts.

Au niveau des chiffres, pas de surprise. Pour la première fois depuis onze ans, le chiffre d’affaires et le bénéfice ont reculé sur une année: le premier a baissé de 5% à 84,3 milliards de dollars, le second de 0,5% à 20 milliards. Surtout, l’iPhone, qui représente plus de 60% du chiffre d’affaires global, a vu ses revenus chuter de 15%. Dans une note, le cabinet d’analyse Strategy Analytics en résume les raisons en une phrase: «Ces ventes ont chuté fortement à cause des prix élevés, de taux de change défavorables, de l’intense concurrence de sociétés comme Huawei, des programmes de remplacement des batteries qui prolongent la vie des iPhone, de la diminution des subventions dans certains marchés et d’une demande en baisse sur certains marchés émergents.»

Six facteurs négatifs, donc. Mais trois raisons, aussi, pour lesquelles il faudra continuer à compter avec Apple ces prochaines années.

1. Des revenus récurrents en hausse

Les ventes d’iPhone – le nombre d’unités n’est plus communiqué – ont beau avoir baissé, Apple étend son emprise mondiale. Aujourd’hui, 1,4 milliard d’appareils de la marque – iPhone, Mac, iPad, Apple Watch, etc. – sont actifs, soit 100 millions de plus qu’il y a trois mois. Sur ce total, 900 millions sont des iPhone, soit 9% de plus en un an. C’est grâce à ces appareils que la société a augmenté de 19% en un an ses revenus liés aux services, à 10,9 milliards de dollars.

Les utilisateurs s’abonnent à ses services de musique, ses services cloud, paient des applications, utilisent son service de paiement… Ces revenus sont appelés à augmenter. Un exemple: aujourd’hui, un client suisse qui possède environ 25 000 photos et 1500 films sur son iPhone et qui veut une sauvegarde continue de ses fichiers les plus précieux sur les serveurs d’Apple lui verse 10 francs par mois pour un volume disponible de 2 To. Ce client-là, attaché à ces services, sera bien difficile à convaincre d’opter plus tard pour un smartphone Android.

2. Des iPhone jugés trop chers, mais…

Apple a été critiqué pour ses téléphones jugés trop chers, dont le prix de base dépasse depuis deux ans les 1000 dollars – le premier prix de l’iPhone XS est par exemple de 1198 francs. Et dans un rare exercice de mea culpa indirect, Apple esquisse un début de changement de stratégie. Son directeur, Tim Cook, a reconnu la nuit dernière que certains clients trouvaient que les prix étaient trop élevés. Dans certains pays, des adaptations de prix ont débuté en janvier. Tim Cook n’a pas dit que ses tarifs étaient trop chers, mais que des effets de change, à cause de la force du dollar, étaient à blâmer…

Lire aussi: Apple, victime d’une tendance mondiale

Pour un analyste de la société d’investissement américaine Wedbush Securities, il suffit que la société réduise les prix de ses appareils actuels de 15%, et qu’il ne lance pas, en septembre, des appareils plus chers, pour stimuler la demande.

Il existe en parallèle une demande pour des smartphones chers, et Apple domine ce marché. Selon un rapport de la société d’analyse Counterpoint Research paru cette semaine, si les ventes globales ont reculé de 2% au niveau mondial en 2018, les ventes d’appareils valant plus de 400 dollars ont progressé de 18% l’an passé, Apple détenait 51% de ce marché. Les ventes de ceux de plus de 800 dollars ont progressé de plus de 35%, 80% de celles-ci étant le fait d’Apple.

3. Quelles innovations?

Bien sûr, les fabricants chinois Huawei Xiaomi, et OPPO dominent leur marché indigène, le plus grand de la planète. Mais leurs appareils sont de moindre qualité et moins chers que les iPhone. Mais sinon, aucun concurrent ne semble capable, au niveau mondial, de lancer ces prochains mois des innovations capables de faire de l’ombre à l’iPhone. Certes, les appareils Pixel de Google sont imbattables pour la photo, tandis que Samsung investit dans des écrans pliables, mais ce ne sera pas suffisant pour attirer les foules. Apple va continuer à souffrir du remplacement plus long des iPhone. Mais l’arrivée de la 5G commerciale, dès fin 2019, début 2020, devrait accélérer le taux de remplacement des téléphones.

About Raymond Morel (1949 Articles)
Raymond Morel is a member of the Board of Directors at SI and is President of Social-IN3, a cooperative of a researchers’ convinced of the need to address new challenges of today's Information Age, which is slowly and surely modify the entire society.

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