Extraits de InternetActu.net au mois de janvier 2019

La mensuelle d’InternetActu.net est de retour

Extraits de InternetActu.net au mois de janvier 2019

 

 

 

 

Rétro-design de l’attention : c’est compliqué !

Posted: 13 Jan 2019 09:00 PM PST

« C’est compliqué ! » La formule – célèbre – est facile.

Dans le travail que nous avons lancé à la Fing depuis un an pour aborder la question attentionnelle, nous pensions que le design serait un angle intéressant pour observer et faire levier sur les transformations induites par le numérique. Effectivement, les enjeux côté conception font bien partie des solutions – mais également des problèmes.

« L’angle du design pour observer l’économie de l’attention que pointe Tristan Harris est un levier pour comprendre et déconstruire ce qu’il se passe. Il permet également de reconstruire, de reconcevoir, ce qui a été conçu en pointant précisément les problèmes que cause la conception. Que changerait aux stratégies des concepteurs le fait d’avoir des systèmes attentionnellement respectueux des utilisateurs ? Qui permettent aux utilisateurs de gérer leur attention, de modifier les paramètres qui la façonnent, plutôt que de le faire pour eux ? Qu’est-ce que cela libérerait ? Quels nouveaux services et modèles économiques cela permettrait-il d’imaginer ? »

 

Rétro-design de l’attention : dépasser le temps

Posted: 14 Jan 2019 09:00 PM PST

Le premier constat et la première piste sur laquelle nous avons travaillé dans le cadre du groupe de travail retro-design de l’attention animé par la Fing s’est intéressé aux limites de la réponse que proposent les plateformes à la question attentionnelle : celle d’apporter aux utilisateurs des outils de mesure et de contrôle du temps passé. La maîtrise du temps n’est pas une réponse suffisante à la question attentionnelle avançons-nous. Il est nécessaire d’ouvrir les critères de mesure des outils conçus pour les utilisateurs pour leur permettre de devenir maîtres de ce qu’ils réalisent avec ces outils. Explications.

Dans le monde de l’économie de l’attention, notre capacité d’attention est vue comme une quantité finie, par nature limitée : « un jeu à somme nulle », comme nous l’expliquait le chercheur en neurosciences et psychologue Albert Moukheiber. Si je me concentre sur quelque chose, je ne peux pas me concentrer sur autre chose. C’est ce qui explique l’hyper-compétitivité dont nos sens sont l’objet. C’est ce qui explique que, pour Les marchands d’attention qu’évoque Tim Wu, nos sens soient devenus matière à commercialisation. Nous aurions une capacité d’attention limitée et biaisée, circonscrite, que nous devons à la fois préserver et exploiter à l’optimum. Celle-ci, par nature, comporte des failles dont nous sommes difficilement conscients, mais que beaucoup savent très bien exploiter par-devers nous.

Rétro-design de l’attention : une responsabilité sans responsabilisation

Posted: 17 Jan 2019 09:00 PM PST

Dans le traitement de la question attentionnelle, les acteurs qui l’exploitent, renvoie toujours l’utilisateur à sa propre responsabilité. Si les écrans semblent les boucs émissaires idéaux de tous les troubles attentionnels, reconquérir sa liberté cognitive, elle, relève toujours de la seule responsabilité de l’usager. Qu’importe si une multitude de développeurs et de designers – ces captologues – façonnent toujours plus finement, via les interfaces, la frontière entre l’incitation et la manipulation, améliorant sans cesse la boucle de rétroaction du moindre de leurs outils, pour favoriser compulsion et addiction.

Ce constat de la culpabilisation de l’utilisateur, nous l’avions pointé dès la préfiguration de nos travaux. Si les écrans nous font souffrir, c’est à nous utilisateur de nous soigner, de répondre à l’injonction à la déconnexion, de changer nos habitudes, de modérer nos excès… Les outils de contrôle du temps passé que les grandes plateformes ont mis en place renvoient ainsi chacun à la pathologisation de sa connexion dont s’amusait le designer Fabien Girardin. Pourtant, si nous sommes manipulables (comme nous l’ont expliqué les spécialistes de l’économie comportementale, dont Daniel Kahneman), si nous sommes manipulés (comme nous l’ont montré les spécialistes de la conception attentionnelle, d’Edward Bernays à BF Skinner, en passant par Nir Eyal), comment se fait-il que nous soyons tenus responsables de notre désarroi attentionnel ? Si nos comportements sont désormais conçus « pour nous », alors ceux qui les conçoivent ne devraient-ils pas assumer leur part de responsabilité ?

 

La croyance aux fake news ne change pas selon le pouvoir en place

Posted: 15 Jan 2019 09:00 PM PST

Certains traits de notre personnalité nous prédisposent-ils à adopter certaines opinions politiques ? Plusieurs études ont déjà laissé penser que oui. Mais la plus récente, effectuée à l’UCLA, et rapportée par Physorg, présente un intérêt particulier : elle a été menée deux fois, tout d’abord en 2015, puis, plus récemment en 2016-2017. Or, entre ces deux dates, le pouvoir avait changé. On était passé de Barak Obama à Donald Trump. Cela pouvait-il changer les approches cognitives des personnes testées ?

Les chercheurs désiraient mesurer si les conservateurs possédaient une plus grande facilité à croire au « fake news » lorsqu’elles portaient sur l’existence de dangers. Pour ce faire, ils demandaient à leurs sujets d’évaluer la vérité de 16 propositions (deux d’entre elles seulement étaient véridiques), par exemple « 32 personnes sont tuées par la foudre aux US chaque année », ou « les carottes sont bonnes pour les yeux ». Certaines de ces affirmations portaient sur un risque, d’autres sur un bénéfice possible. A noter qu’aucune de ces questions ne touchait un sujet politique.

Puis on leur a demandé leur opinion sur des sujets beaucoup plus « chauds » (droits LGBT, avortement, armes à feu, etc.) afin d’évaluer leur tendance idéologique.

Il s’est avéré que les réponses lors de la seconde étude étaient les mêmes que précédemment : les conservateurs avaient tendance à se montrer plus crédules lorsqu’il s’agissait de fausses informations concernant des risques.

Les chercheurs se sont aussi penchés sur les théories de la conspiration. C’est là sans doute que l’expérience s’est avérée la plus intéressante.

 

La vie, telle qu’elle pourrait être (1/3) : de nouvelles lettres pour l’alphabet du vivant

Posted: 21 Jan 2019 09:00 PM PST

Ces dernières années, divers chercheurs se sont attachés à agrandir l’alphabet génétique, sur lequel repose la structure de l’ADN, en vue d’en tirer des applications technologiques, mais également (et peut-être surtout) pour comprendre la nature de la vie elle-même.

Le travail a commencé à aboutir en 2014, lorsque Floyd Romesberg (@Romesberglab) se montra en mesure de créer le premier organisme « semi-synthétique » dont l’ADN possède deux bases supplémentaires, surnommées X et Y. En 2017, il a perfectionné son exploit en créant une bactérie E.coli semi-synthétique utilisant ces nouvelles bases pour produire une protéine rendant l’organisme fluorescent, apportant ainsi la preuve qu’une action avait réellement eu lieu.

 

Rétro-design de l’attention : limites, angles morts et autres propositions

Posted: 24 Jan 2019 09:00 PM PST

Dans le cadre de la réflexion que nous avons menée dans le groupe de travail Rétro-design de l’attention, il y a des questions que nous n’avons pas abordées (parce que dans le temps imparti, nous ne pouvions pas tout traiter). Les manques et angles morts sont nombreux.

À l’inverse, bien des apports liés à notre travail n’entraient dans aucun grand cadre (comme celui des métriques et de la responsabilisation que nous avons détaillés précédemment). Nous avons tenu néanmoins à les rassembler ici. Cette piste pointe plusieurs enjeux qu’il nous semble pertinent de regarder plus avant et sur lesquels nous voulions dire quelque chose : la question des interfaces que l’on pourrait appeler « hyperattentionnelles » ; la question de l’attention conjointe, qui nous semble un sujet insuffisamment pris en compte ; la limite de nos réponses, des pistes que nous avons esquissées, de leur manque de radicalité et de la difficulté à les imposer ; et enfin la question de l’apport du design dans ce travail, qui a non seulement été un levier, mais également un outil pour comprendre ce qui est en cours et comment nous pourrions mieux l’utiliser.

Demain, les interfaces hyperattentionnelles

Nous avons traité la question attentionnelle sous l’angle des outils numériques d’aujourd’hui, en nous concentrant sur les services web et mobiles, les applications, les systèmes d’exploitation… Pourtant, cette question attentionnelle est en passe d’être dépassée par l’arrivée de nouvelles interfaces homme machine. Des interfaces qui sont amenées à transformer nos modalités d’interactions et les réponses des machines.

 

Startupeurs, des innovateurs ordinaires

Posted: 27 Jan 2019 09:00 PM PST

 

Dans Les start-up, des entreprises comme les autres ?, les sociologues Michel

Grossetti, Jean-François Barthe et Nathalie Chauvac du

Laboratoire interdisciplinaire Solidarités, sociétés, territoires, livrent les

résultats d’une longue enquête sociologique sur les entreprises innovantes et leurs

fondateurs. À rebours des discours promotionnels de l’entrepreneuriat, leurs recherches

dressent un autre portrait des entrepreneurs innovants que celui dont on nous fait

trop souvent le panégyrique. Interview.

InternetActu.net : Le profil type de l’innovateur que vous mettez à jour

dans votre enquête n’est pas celui auquel on s’attend. Le fondateur de

startup n’est pas vraiment un étudiant génial, solitaire et enthousiaste

porté par un projet révolutionnaire… Musk ou Zuckerberg semblent

plus des exceptions que des modèles.

Quel est le profil type de l’innovateur ?

 

Comment le Wi-Fi nous rend vulnérable

Posted: 28 Jan 2019 09:00 PM PST

Le Wi-Fi a mal vieillit, explique la journaliste Ava Kofman (@eyywa) pour Real Life.

Si nous sommes de plus en plus conscients de la surveillance dont nous sommes l’objet

quand nous naviguons sur le web ou que nous utilisons nos smartphones, nous avons

tendance à oublier que c’est également le cas lorsque nous utilisons une connexion

Wi-Fi pour nous connecter. Il faut dire que quand le protocole Wi-Fi a été adopté, en 1997,

nul n’imaginait que toutes nos connexions et tous nos objets l’utiliseraient.

Les failles et limites du protocole sont nombreuses et documentées. Nombre d’artistes

les ont illustrées, comme le Wifi Data Safari de Brannon Drosey et Nick Briz ou

Astro Noise de Surya Mattu qui montrent les transmissions non chiffrées qui transitent

par les ondes. Ou encore le Wi-Fi Whisperer de Kyle McDonald, un petit robot qui

murmure les activités qu’il écoute à voix basse tout comme Snoopi de Jiashan Wu.

On pourrait ajouter à cette liste, le dispositif Hommes en gris de Danja Vasiliev

et Julian Oliver…

Nous laissons tous des traces quand nous nous déplaçons : nos ordinateurs envoient en

permanence leur identité aux réseaux Wi-Fi environnants pour trouver un réseau

auquel il s’est déjà connecté. En échange, il est donc possible d’obtenir l’identité

unique de nouvelles interfaces homme machine. Des interfaces….

 

Les 3 niveaux de nos identités en ligne

Posted: 29 Jan 2019 09:00 PM PST

« S’agissant de notre profil numérique, les données que nous choisissons de partager

ne sont que la pointe de l’iceberg. Nous ne voyons pas le reste, cachés sous la surface

des interfaces conviviales des applications mobiles et des services en ligne. Les données

les plus précieuses sur nous sont inférées hors de notre contrôle et sans notre

consentement. Or, ce sont ces couches plus profondes et que nous ne pouvons pas

contrôler qui prennent réellement les décisions qui nous affectent, pas nous »,

explique Katarzyna Szymielewicz (@szymielewicz), cofondatrice et présidente

de la Fondation Panoptykon, une association polonaise de défense des libertés

individuelles et des droits de l’homme dans la société de surveillance

(qu’on pourrait considérer comme l’équivalent de la Quadrature du Net en France)

– dans une tribune pour Quartz.

Dans un graphique particulièrement parlant (à consulter en haute définition),

la Fondation Panoptykon détaille les 3 couches d’information qui composent nos

identités en ligne.

La première couche d’information est la seule sur laquelle nous avons le contrôle.

Elle se compose ….

 

 

 

 

 

Des effets des outils sur nos pratiques : pourquoi les médecins détestent-ils leurs ordinateurs ?

Posted: 30 Jan 2019 09:00 PM PST

Le chirurgien et journaliste Atul Gawande (@atul_gawande), célèbre pour son

Checklist Manifesto (« Le manifeste de la liste de contrôle », un bestseller qui a

permis aux chirurgiens de réduire les erreurs en salle d’opération par la pratique de

la liste de contrôle pré-opératoire, cf. « Concrètement, comment rendre les

algorithmes responsables et équitables ? ») est un infatigable défenseur

de l’amélioration de la santé publique.

Dans une récente tribune pour le New Yorker, il décrivait les effets de

l’informatisation sur le travail des praticiens hospitaliers, en soulignant et expliquant

le conflit entre la logique informatique et les pratiques. Il y montrait très concrètement

combien la transformation numérique, comme souvent, remplace une logique par une

autre.

Retour sur cette tribune, traduite et synthétisée par Claire Richard pour le

Digital Society Forum. Il est difficile de décrire les effets qu’ont nos outils

informatiques sur nos pratiques, professionnelles et personnelles, sans se contenter

de généralités ni céder aux raccourcis faciles. Pour ce faire, il faut des récits précis,

des relevés sensibles, informés par des connaissances solides du terrain décrit et une

capacité à élargir la réflexion. C’est ce que fait brillamment le chirurgien et

journaliste Atul Gawande dans une longue et passionnante enquête,

parue en novembre dans le magazine américain The New Yorker.

Atul Gawande est chirurgien dans un hôpital de Boston. Il est aussi chercheur en

santé publique et écrit sur ce sujet pour le New Yorker depuis 1998.

Ses livres sur la façon de transformer le système de santé sont des bestsellers. ….

More info :

http://www.ict-21.ch/l4d/pg/file/read/919521/extraits-de-internetactunet-au-mois-de-janvier-2019

 

 

About Raymond Morel (1841 Articles)
Raymond Morel is a member of the Board of Directors at SI and is President of Social-IN3, a cooperative of a researchers’ convinced of the need to address new challenges of today's Information Age, which is slowly and surely modify the entire society.

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